Aujourd’hui, après une belle fin de semaine sous le soleil, je me suis levée ce mardi matin, pluvieux mardi 8 mars 2012. Rien de particulier, comme à tous les jours, on se prépare. On se prépare pour l’école, il pleut dehors. 8H30, on quitte pour l’école, bébé dans la poussette, mon garçon sous le parapluie et on marche le plus vite possible afin d’éviter la douche froide de la pluie battante. Bonne journée mon trésor, à tout à l’heure.
Retour à la maison, tout est comme d’habitude. La routine, seule avec ma fille, câlins et rigolades jusqu’à l’heure de la sieste. Tout est pareil, mais pourtant plus rien de sera pareil car la veille j’ai reçu ce message sur mon téléphone. Ce message me disant qu’elle n’allait plus Être pour longtemps. C’était donc aujourd’hui que je me devais d’aller lui faire mes adieux. Ce jour que l’on souhaite tous les jours que la maladie lui prend, ce jour que l’on appréhende… C’est aujourd’hui que je vais la voir pour la dernière fois, tout à l’heure. Une journée ordinaire et pluvieuse, comme toutes celles qui viennent après de belles journées ensoleillées. Le temps passe et cette fois je quitte la maison seule sans mon copain, seule sans les enfants, je m’en vais faire mes adieux à celle que j’ai tant aimée. Il est 16h00 et j’espère de tout coeur qu’elle attendra mon arrivée avant de partir. Je croise les doigts pour être présente lors de son dernier souffle. J’appréhende le moment. Je devrai être forte, tout le monde sera présent. Je ne dois pas oublier de lui dire tout ce que je veux lui dire, tout ce que je lui ai déjà dit des centaines de fois. Je ne veux pas craquer devant elle.
Je suis rendue à l’hôpital, tout le monde est là, tout ceux qui comme moi tentent de rester forts, tentent de sourire et garder la tête droite. Les regards se croisent à peine, des regards vides et vitreux qui aimeraient que tout s’arrête simplement et sans prétention. J’approche de cette femme que j’ai tant aimée. Je l’ai toujours appelé mon âme soeur parce qu’à ses côtés ma vie est simple, sans reproche, sans mépris. Elle est mon amie, toujours là pour m’écouter, me prendre par la main et me sourire. Elle est ma gardienne de 0 à 25 ans, la porte grande ouverte chaque fois que j’avais besoin. Elle est patience, elle est tendresse, elle est naïveté.
Main dans la main, entre quelques fous rires nerveux, je lui ai murmuré cette amour inconditionnel.
Tu as mené une vie exemplaire, une vie honorable et aujourd’hui je te souhaite la paix, la liberté. Tu as su soutenir une famille de 5 enfants, 12 petits-enfants et 8 arrières-petits-enfants. Dans le creux de ton oreille je te murmure mon amour et celui de ceux qui t’ont entourée. Un seul baiser volé sur le front soulignant qu’une parcelle de mon affection et celui des absents.
Tu es une amie,
tu es une confidente,
tu es une gardienne,
Mais avant toute chose tu es ma grand-maman.
Ce soir j’ai vu ma grand-maman pour la dernière fois. D’ici quelques heures ou quelques jours elle volera son dernier souffle pour ainsi mettre terme à 83 ans de vie. Dans quelque temps elle ne sera plus. Ce soir, je lui ai fait mes adieux, car plus jamais je ne la reverrai.
Je t’aime grand-maman, je te promets que nous nous reverrons.







































